L’endométriose : une cause méconnue des règles douloureuses

Maladie inflammatoire chronique, l’endométriose se traduit par de fortes douleurs au début des menstruations et est présentée comme une cause majeure d’infertilité. Malgré un nombre conséquent de femmes atteintes par cette maladie gynécologique, beaucoup sont encore dans l’ignorance ou diagnostiquées tardivement. Vous souhaitez en savoir plus sur l’endométriose et les solutions naturelles pour la soulager ? Nous vous invitons à poursuivre votre lecture.

Qu’est-ce que l’endométriose ?

Peu connue, l’endométriose touche pourtant entre 1,5 et 3 millions de femmes en France. Pour remettre cette maladie chronique dans le contexte, revenons sur de simples notions anatomiques. La paroi interne de l’utérus est recouverte d’un tissu muqueux qu’on appelle « l’endomètre ». À chaque début de cycle menstruel, ce revêtement se prépare à vivre une éventuelle grossesse. Afin d’héberger l’embryon lors de la nidation, l’endomètre s’hypertrophie. En d’autres termes, il s’épaissit et se vascularise sous l’effet des hormones sexuelles telles que les oestrogènes. Sans fécondation, il se désagrège naturellement et s’élimine par le biais des règles. Mais quoi de mieux que des « maux » pour comprendre l’endométriose ?

L’endométriose : une maladie complexe ?

Pour les femmes atteintes d’endométriose, ce processus est bien plus complexe. Chez elles, les cellules de l’endomètre ne restent pas sagement dans l’utérus mais décident de migrer en dehors de l’appareil reproducteur féminin en passant par les trompes. Ce nouveau tissu endométrial s’installe généralement dans le bas-ventre et colonise les organes à coups de kystes (endométriomes), lésions et adhérences. Dans la majorité des cas, la colonisation se fixe sur les organes génitaux (les ovaires) et se développe parfois sur le côlon, la vessie, le péritoine ou plus rarement jusqu’aux poumons. En réalité, il existe presque autant d’endométrioses que de femmes touchées, ce qui explique les difficultés à la diagnostiquer.

Qu’est-ce qui provoque l’endométriose ?

Depuis longtemps, les théories sur l’apparition de cette maladie gynécologique se bousculent. Si ses mécanismes restent encore difficiles à déterminer, deux hypothèses semblent sortir du lot :

  • l’implantation des cellules endométriales : par les voies lymphatiques vasculaires, un acte chirurgical gynécologique (épisiotomie, laparotomie, césarienne…) ou plus couramment par les trompes. En effet, pendant les menstruations rétrogrades, le sang est capable de transporter des fragments ou cellules d’endomètre par les trompes et de s’implanter dans la cavité du ventre.
  • la métaplasie : dans ce cas, on remarque une transformation du tissu péritonéal en tissu endométriosique. Ce phénomène arrive sans raison ou sous l’influence de facteurs hormonaux.

Une autre hypothèse expose une période de répit pour les femmes enceintes. Pendant la grossesse, les hormones semblent préserver le corps d’une dégradation de la maladie chronique. Malheureusement, ce soulagement disparaît rapidement après le retour de couches.

Qui est touché par l’endométriose ?

Vous êtes réglée ? Alors, vous ou une des 10 femmes en âge de procréer de votre entourage êtes concernées par l’endométriose. Aujourd’hui, de plus en plus de jeunes femmes sont diagnostiquées et la plupart d’entre elles souffrent de douleurs gynécologiques violentes depuis la puberté. La ménopause ou l’opération (hystérectomie ou ovariectomie) ne sont pas toujours un frein à l’endométriose, puisque certaines femmes ménopausées continuent d’en ressentir les symptômes à cause des traitements hormonaux de substitution.

Actuellement, le diagnostic de l’endométriose accuse un retard d’environ 5 années. Pendant ce temps, la maladie se propage et cause de véritables dégâts sur de multiples organes.

Symptômes de la maladie endométriose : comment la reconnaître ?

Localisés ou non, chroniques ou périodiques, intenses ou légers, voire absents, les symptômes de l’endométriose varient d’une femme à l’autre et ne révèlent en rien sa gravité.

Endométriose et douleurs pelviennes : un signe courant

Selon les études, 50 à 91 % des patientes atteintes d’endométriose souffrent de douleurs :

  • pendant les règles (dysménorrhée),
  • pendant les rapports sexuels (dyspareunie),
  • dans la région du pelvis au niveau du bas-ventre et de la zone génitale (douleurs pelviennes),
  • au moment d’uriner (dysurie) ou lors des émissions de selles,
  • dans les zones lombaires ou abdominales, tout en irradiant jusque dans la jambe (cruralgie).

Bien souvent, ces souffrances sont tellement handicapantes qu’elles nécessitent un arrêt maladie ou, dans les cas plus sévères, une incapacité permanente. En effet, les malades expriment l’impossibilité de mener une vie intime, familiale et professionnelle normale et présentent d’autres signes :

  • perte de connaissance,
  • vomissements,
  • difficultés à rester debout ou dans une position statique,
  • incapacité de faire des efforts physiques,
  • règles hémorragiques,
  • troubles digestifs et/ou urinaires,
  • fatigue chronique,
  • etc.

Infertilité et endométriose : une conséquence inéluctable ?

Nous l’évoquions plus haut, l’endométriose peut se développer sans en ressentir le moindre symptôme. Vous vous demandez sûrement comment cette maladie peut être découverte sans soupçonner son existence ? Tout simplement lorsqu’une jeune femme éprouve des difficultés à concevoir un enfant. Cependant, toutes les personnes atteintes d’endométriose ne présentent pas de problème d’infertilité, mais 30 à 40 % d’entre elles sont concernées. Les irritations et inflammations à répétition finissent par libérer des molécules inflammatoires qui viennent perturber le bon fonctionnement de l’ovulation et de la fécondation.

Pour toutes ces raisons, établir un diagnostic précoce permet de ralentir l’évolution de l’endométriose.

Soulager l’endométriose : quels remèdes naturels ?

Les femmes s’orientent de plus en plus vers des solutions naturelles pour soulager les douleurs liées à l’endométriose. Si les traitements classiques et la chirurgie sont parfois nécessaires, certains remèdes et habitudes améliorent la qualité de vie des personnes souffrant de cette maladie gynécologique :

  • l’ostéopathie fonctionnelle : les manipulations permettent de retrouver une mobilité des tissus environnants et de diminuer les douleurs,
  • les pratiques douces : yoga, pilates, natation… Ces activités sportives réduisent les douleurs hormonales en ayant recours à des postures spécifiques et des techniques de respiration atténuant les effets du stress,
  • la phytothérapie : sous formes d’huiles essentielles, d’infusions ou de gélules, les plantes ont des propriétés antispasmodiques, régulent les règles abondantes ou soulagent les crampes. Les plus recommandées sont les feuilles de framboisier, le gattilier, la mélisse, l’aubier de tilleul, l’alchémille, l’achillée millefeuille…
  • la respiration et méditation en pleine conscience : ce temps pour soi offre un moment de déconnexion et d’encrage. En se concentrant sur leur souffle, les malades détournent l’attention des sensations désagréables ressenties au quotidien,
  • les compléments alimentaires : indiqués dans le confort féminin, ils sont composés de vitamines et de plantes naturelles.

Le sport, l’acupuncture ou encore la micro-nutrition sont autant de méthodes complémentaires efficaces pour apaiser les douleurs musculo-squelettiques lombo-pelviennes, favoriser la grossesse ou réduire l’évolution de l’endométriose : un véritable espoir pour toutes les femmes !